Les socialistes ont gagné leur pari : la primaire qu’ils ont voulue et organisée a été un grand moment de démocratie, d’ailleurs salué jusque dans les rangs de l’Ump, par son président, par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur. Quant aux critiques formulées par Nicolas Sarkozy, en référence au Général de Gaulle qui a voulu « des présidentielles à deux tours et non à quatre », elles trahissent assez le désarroi actuel du chef de l’Etat… Deux millions et demi de Français se sont donc déplacés pour choisir le candidat socialiste à la prochaine présidentielle, choix jadis réservé aux appareils ou aux militants encartés. Cette évidence soulignée, les autres résultats de ce 9 octobre sont plus sujets à caution : entre les deux qualifiés, l’écart est fragile.
Imaginer, comme le font Arnaud Montebourg et la plupart des éditorialistes, que ses 400 000 électeurs vont obéir comme un seul homme au report de voix qu’il préconisera, c’est disposer un peu vite des opinions de chacun. Au hasard de ses discours et des débats auxquels il a participé, le troisième homme a égratigné, l’un après l’autre chacun de ses adversaires… Se déclarer maintenant en leur faveur ne serait pas très digne de foi. Ce qui l’est davantage c’est la volonté de 17% des électeurs socialistes de donner un sérieux coup de barre à gauche, manœuvre qu’incarne bien le « faiseur de Pape ». Dans cet esprit, le 16 octobre prochain, ces 400 000-là vont naturellement reporter leur vote sur Martine Aubry, notoirement plus à gauche que François Hollande. Si l’on cumule les scores d’Aubry et de Montebourg on obtient déjà une indication claire sur l’orientation politique souhaitée par les électeurs. Dans cette hypothèse, la moitié au moins des 7% de Ségolène s’ajoutera aussi à Aubry ; les voix de Valls bénéficiant à Hollande. On peut alors raisonnablement imaginer que la vainqueur de Sarkozy en 2012 ne se contentera pas d’une simple réduction des déficits : elle appliquera à la crise des solutions de gauche, comme la mise en place d’une régulation financière, sociale et écologique, ce qui rassure parfaitement Arnaud Montebourg. Certes, son souhait de dé-mondialisation risque, pour l’instant, de passer à la trappe car Mme Aubry ne s’exposera pas au ridicule d’une réforme si peu crédible mais, à part cette utopie à la Mélenchon, elle pourrait parfaitement s’entendre avec le faiseur de Pape. (jpjl) (photos d’agences)






Commentaires
j'ai hésité longuement a aller voter au premier tour de de cette primaire, n'étant pas inscrit au PS.
J'estime en effet que déborder les militants d'un parti, quelqu'il soit, par un scrutin ouvert à tous, c'est un peu cavalier.
Ca ouvre également, un jeu de primaire à l'américaine, excluant d'office d'autres opininions, c'est un peu darwinien et peu humain. Mais la 5ème c'est pire; vive le messie!
Mais bon, j'ai déposé mon bulletin.
A quand une 6ème république?
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